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Hépatite B : cette maladie silencieuse qui menace le foie

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Hépatite B : cette maladie silencieuse qui menace le foie

Hépatite B, souvent silencieuse, progresse sans bruit mais peut causer des dommages irréversibles au foie. Au Togo, cette maladie demeure un enjeu majeur de santé publique, malgré l’existence de moyens de prévention efficaces encore trop peu utilisés.

Méconnue du grand public, l’Hépatite B est une infection virale grave qui s’attaque directement au foie. Elle peut évoluer pendant des années sans symptômes apparents, tout en causant des lésions irréversibles. Dans de nombreux cas, les personnes infectées ignorent leur état jusqu’à l’apparition de complications sévères comme la cirrhose ou le cancer du foie.

Hépatite B : une infection virale aux multiples visages

L’Hépatite B est causée par le virus de l’hépatite B (VHB), qui attaque les cellules du foie et perturbe son fonctionnement. Elle appartient à une famille plus large de maladies appelées hépatites, qui peuvent avoir différentes origines.

Certaines hépatites sont liées à l’alimentation, notamment lorsque la consommation d’aliments de mauvaise qualité ou trop riches surcharge le foie. D’autres sont dues à l’alcool, dont l’excès peut détruire progressivement les cellules hépatiques. Il existe également des hépatites d’origine médicamenteuse, provoquées par des substances toxiques pour le foie, ou encore des hépatites auto-immunes, où l’organisme attaque ses propres cellules.

Mais les formes les plus préoccupantes restent les hépatites virales, notamment les types A, B, C, D et E. Parmi elles, l’Hépatite B se distingue par sa gravité et sa capacité de transmission. Elle peut devenir chronique et évoluer silencieusement pendant plusieurs années, rendant son dépistage particulièrement crucial.

Au Togo, où les maladies infectieuses restent une préoccupation majeure, l’Hépatite B constitue un défi de santé publique encore sous-estimé. Pour mieux comprendre cette pathologie et les moyens de s’en protéger, le nutritionniste Dr Kpônou Tobossi, président du Mouvement de lutte contre les hépatites au Togo, apporte un éclairage essentiel.

Le virus de l’hépatite B se transmet principalement par contact avec des liquides biologiques contaminés, notamment le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales. La transmission par le sang est l’une des plus fréquentes. Elle peut survenir lors de l’utilisation d’objets tranchants contaminés tels que des lames, aiguilles, ciseaux ou couteaux.

Dans la vie quotidienne, certaines pratiques courantes exposent au risque, notamment le partage d’outils chez les coiffeurs ou les coupeurs d’ongles ambulants. Comme le souligne le Dr Tobossi, « même l’alcool ne tue pas toujours le virus de l’hépatite B ». Ainsi, des instruments mal désinfectés peuvent rester contaminants et transmettre la maladie à d’autres personnes.

La transmission peut également se faire de la mère à l’enfant pendant la grossesse ou lors de l’accouchement, en cas de contact avec le sang infecté. Les rapports sexuels non protégés constituent également une voie importante de contamination. Ces différents modes de transmission montrent que l’Hépatite B peut toucher tout le monde, indépendamment de l’âge ou du mode de vie.

Hépatite B : symptômes trompeurs, prévention et gestes qui sauvent

L’un des principaux dangers de l’Hépatite B réside dans la discrétion de ses symptômes. Aux premiers stades, la maladie peut se manifester par des signes peu spécifiques : fièvre, fatigue, maux de tête, vomissements ou encore urines foncées. Ces symptômes sont souvent confondus avec ceux du paludisme, ce qui peut retarder le diagnostic.

« Beaucoup de patients sont traités contre le paludisme alors qu’il s’agit en réalité d’une atteinte du foie », explique le Dr Tobossi. Lorsque la maladie évolue, des signes plus graves peuvent apparaître, notamment le jaunissement des yeux et de la peau (ictère), le gonflement des membres inférieurs ou encore l’accumulation de liquide dans l’abdomen.

Sans prise en charge, l’Hépatite B peut entraîner des complications majeures. La cirrhose, caractérisée par une destruction progressive du foie, est l’une des plus redoutées. À un stade avancé, la maladie peut également évoluer vers un cancer du foie, mettant en jeu le pronostic vital.

Face à cette menace, la prévention reste l’arme la plus efficace. Le dépistage constitue le premier réflexe à adopter. Il se réalise par un simple test sanguin, accessible dans de nombreuses structures de santé. En cas de résultat négatif, la vaccination offre une protection fiable contre le virus.

Elle se fait généralement en trois doses, suivies d’un rappel, et permet de prévenir efficacement l’infection. Pour les personnes déjà infectées, un suivi médical régulier est indispensable. Il permet d’évaluer l’état du foie et de mettre en place un traitement adapté afin de limiter les complications.

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Au-delà du dépistage et de la vaccination, l’adoption de comportements responsables est essentielle. Éviter le partage d’objets tranchants, s’assurer de la stérilisation des instruments utilisés et privilégier les rapports sexuels protégés sont autant de mesures simples mais efficaces.

L’hygiène de vie, notamment l’alimentation, joue également un rôle clé dans la protection du foie. Les spécialistes recommandent de limiter la consommation de sucres, de graisses et d’aliments trop riches, qui peuvent surcharger l’organe. À l’inverse, une alimentation équilibrée, riche en poissons et en viandes blanches, contribue à maintenir le bon fonctionnement du foie.

L’adoption de bonnes habitudes alimentaires permet ainsi de renforcer la résistance de l’organisme face aux agressions.

Malgré sa gravité, l’Hépatite B est aujourd’hui une maladie que l’on peut prévenir et contrôler. Le véritable défi reste la sensibilisation des populations. Se faire dépister, se faire vacciner et adopter des comportements à moindre risque sont des gestes simples qui peuvent sauver des vies.

Dans un contexte où la maladie évolue souvent sans bruit, l’information apparaît comme un levier essentiel. Comme le rappelle le Dr Kpônou Tobossi, la lutte contre l’Hépatite B passe avant tout par la prise de conscience collective. Car derrière cette maladie silencieuse se cache une réalité bien tangible : celle d’un danger évitable, à condition d’agir à temps.

Cet article est tiré du magazine Togo Émergent de Lomegraph. Retrouvez l’intégralité du magazine pour mieux vous informer sur les enjeux de santé publique et bien d’autres thématiques essentielles.

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