Douleurs insupportables, fatigue chronique, infertilité… encore méconnue, l’endométriose détruit progressivement la qualité de vie de nombreuses femmes. Pourtant, des signes d’alerte existent et un diagnostic précoce peut changer des vies. Dans cet article, nous développons tout ce qui concerne cette maladie.
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Pendant longtemps, les douleurs menstruelles ont été banalisées dans de nombreuses sociétés. « C’est normal d’avoir mal pendant les règles», entend-on souvent. Mais derrière certaines douleurs extrêmes peut se cacher une maladie chronique encore trop méconnue : l’endométriose.
Pour sensibiliser davantage sur cette pathologie qui touche des millions de femmes à travers le monde, Madame Nadège Adigun , auteure du livre ‘’Endométriose, un livre pour nos jeunes filles’’, et présidente de l’association ‘’Endométriose et Nous’’, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences physiques, psychologiques et sociales de cette maladie évolutive.
L’endométriose : quand les règles se développent hors de l’utérus
L’endométriose se caractérise par la présence de cellules semblables à l’endomètre (la muqueuse utérine) ; qui se retrouvent hors de l’utérus sur d’autres organes dans le corps. Ces cellules vont agir comme si elles étaient dans l’utérus.
Ce qui fait qu’« à chaque période de règles, ces cellules saignent également. Mais contrairement au sang menstruel normal, ce sang ne peut pas être évacué », explique Madame Nadège Adigun.
Cette accumulation provoque alors des inflammations, des lésions, des adhérences entre les organes et surtout des douleurs parfois insupportables.
Les premiers signes de l’endométriose sont souvent ignorés ou minimisés. Pourtant, certains symptômes doivent immédiatement alerter :
- des douleurs menstruelles très intenses ;
- des douleurs qui résistent au paracétamol ;
- des malaises ou évanouissements pendant les règles ;
- des douleurs empêchant de marcher, travailler ou aller à l’école;
- des douleurs lors de la miction, des selles ou des rapports sexuels ;
- des douleurs irradiant le bas du dos jusqu’aux jambes ou aux épaules ;
- une fatigue chronique persistante ;
- des difficultés à concevoir un enfant.
Selon les spécialistes, l’endométriose est impliquée dans 40 à 50 % des cas d’infertilité chez les femmes atteintes. Quand une femme présente plusieurs de ces symptômes, il faut déjà soupçonner un cas d’endométriose et consulter un gynécologue.
Cependant, certaines formes de la maladie restent asymptomatiques. Dans plusieurs cas, ce n’est qu’au moment des difficultés à avoir un enfant que le diagnostic est finalement posé.
Une maladie qui impacte profondément la vie sociale et professionnelle
Au-delà des douleurs physiques, l’endométriose affecte profondément la santé mentale, les relations sociales et la stabilité professionnelle des femmes qui en souffrent.
Le principal danger reste le retard de diagnostic. Parce que les douleurs menstruelles sont souvent considérées comme « normales », certaines femmes mettent jusqu’à douze ans avant de découvrir qu’elles souffrent d’endométriose.
« Cette mentalité doit changer. Ce n’est pas normal qu’une femme soit clouée au lit pendant ses règles», affirme Madame Nadège Adigun.
Les conséquences peuvent être lourdes. Chez certaines jeunes filles, les douleurs répétitives entraînent des absences scolaires fréquentes et une perte de confiance en soi. D’autres vivent difficilement le poids financier des traitements supportés par leurs familles.
Dans le monde professionnel également, la maladie peut devenir un véritable handicap. Certaines femmes sont contraintes de s’absenter plusieurs jours chaque mois à cause des douleurs, au risque de perdre leur emploi.
L’endométriose affecte aussi la vie de couple, notamment à travers les douleurs pendant les rapports sexuels. Mais contrairement à certaines idées reçues, ces douleurs ne sont pas la cause de l’endométriose.
« Les rapports sexuels douloureux sont une conséquence possible de la maladie, mais pas son origine ». À ce jour, les causes exactes de l’endométriose restent encore mal connues. Les spécialistes évoquent cependant plusieurs facteurs : génétiques, hormonaux et environnementaux.
“Des règles qui font du bruit ne sont pas normales”
Face à la banalisation des douleurs menstruelles, Madame NadègeAdigun appelle les femmes à être attentives à leur corps et à consulter rapidement en cas de symptômes inhabituels.
« Les règles normalement devraient passer en silence. Quand toute l’école, toute la maison ou tout le quartier sait qu’une femme a ses règlesà cause de la douleur, ce n’est pas normal », martèle-t-elle.
Pour elle, il est urgent de sensibiliser davantage sur cette maladie encore taboue afin d’éviter que des milliers de femmes continuent de souffrir en silence.
« L’endométriose est une maladie évolutive. Elle détruit des vies lorsqu’elle n’est pas prise en charge tôt », conclut-elle.
Présidente de l’association Endométriose et Nous, Madame Nadège Adigun poursuit aujourd’hui son combat à travers l’information, l’accompagnement des patientes et la sensibilisation des jeunes filles sur cette maladie qui reste encore trop méconnue.







