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Risque Pays: le Togo classé parmi les pays à risque modéré

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BloomField : le Togo obtient 5,9/10 en risque pays

À la salle Fazao de l’hôtel 2 Février, à Lomé, le Togo a ouvert une fenêtre rare sur son avenir économique. Ce jeudi 02 avril 2026, experts, décideurs politiques, partenaires internationaux et figures du secteur privé se sont retrouvés autour d’un même enjeu. Il s’agit de mesurer le risque pays et, surtout, dessiner les contours d’un Togo plus attractif, plus solide, plus compétitif. Une rencontre stratégique initiée par BloomField Intelligence, qui n’a laissé personne indifférent.

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Dès les premières interventions, le ton est donné. Le gouverneur du District Autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré appelle à faire de cette conférence « une politique d’échange intellectuel » et surtout « le point de départ de partenariats solides ». Derrière ces mots, une ambition claire. Il s’agit de  positionner le Togo comme une destination crédible pour les investisseurs internationaux.

Le secteur privé, pilier incontournable du développement au Togo

Le premier temps fort de la rencontre a été marqué par le keynote consacré au rôle du secteur privé. Yva Badohou, vice-président du Patronat togolais, n’a pas mâché ses mots. « Le secteur privé n’est pas un acteur conjoncturel. C’est un pilier du développement du pays », affirme-t-il avec conviction.

Dans une économie ouverte comme celle du Togo, l’appel à l’investissement international et au renforcement de l’expertise locale devient une nécessité vitale. L’objectif est limpide : faire émerger de véritables champions économiques capables de porter la croissance nationale et de renforcer la souveraineté économique.

Formalisation de l’économie : un défi clé pour la croissance au Togo

Dans la continuité, la question de la formalisation de l’économie togolaise a suscité un débat nourri. Pour Mazamesso Assih, ministre du Développement à la Base, de l’économie sociale et solidaire, la clé réside dans l’attractivité du système formel. « Lorsque la formalisation offre des avantages, les acteurs s’engagent avec beaucoup plus d’énergie », souligne-t-elle.

Une déclaration forte qui met en lumière l’un des défis majeurs du pays : intégrer progressivement l’économie informelle dans un cadre structuré, générateur de richesse, de fiscalité et de stabilité économique.

Rapport BloomField : un Togo dynamique sous pression

Mais c’est sans doute la présentation du rapport « Risque Pays Togo » par Stanislas Zézé, PDG de BloomField Intelligence, qui a cristallisé toutes les attentions.
Le verdict est sans détour. Avec une note de 5,9 sur 10, le Togo est classé dans la catégorie des pays à risque modéré. Un positionnement qui traduit à la fois les progrès réalisés et les défis encore persistants.

Dans le détail, le rapport met en avant une économie dynamique, largement portée par le secteur tertiaire, ainsi qu’un climat des affaires en nette amélioration, soutenu par des réformes importantes, notamment dans la lutte contre la corruption.

Le secteur financier togolais apparaît également comme un point fort, avec une activité soutenue et une place boursière qui maintient sa 5ᵉ position en Afrique en termes de capitalisation.

Défis structurels : les failles à corriger d’urgence

Cependant, tout n’est pas rose. Le Togo doit encore faire face à un déficit commercial important, à des défis énergétiques préoccupants et à une concentration excessive des activités économiques dans le Grand Lomé.

À cela s’ajoutent un coût élevé du crédit et une marginalisation boursière persistante, qui freinent l’accès au financement pour de nombreux acteurs économiques. Sur le plan sécuritaire, malgré une amélioration du tissu social, la menace au nord du pays reste un point de vigilance majeur.

Réaction du gouvernement : entre lucidité et engagement

Face à ce diagnostic, la réaction du gouvernement togolais ne s’est pas fait attendre. Représenté par le ministre de l’économie et de la veille stratégique, Badanam Patoki, l’exécutif a salué « la rigueur, l’objectivité et l’ouverture d’esprit » du rapport.

« Cette étude reflète l’image d’une nation en pleine mutation qui fait face à ses multiples défis », a-t-il déclaré, tout en mettant en avant les nombreuses réformes engagées pour améliorer les performances économiques du pays.

Au-delà du constat, la conférence a surtout été porteuse d’une ambition forte. Stanislas Zézé a exprimé le souhait de voir le Togo rejoindre, d’ici l’année prochaine, la catégorie des pays à risque faible.

Un objectif audacieux, mais atteignable à condition d’accélérer les réformes structurelles, de renforcer la sécurité et de faciliter l’accès au financement pour les entreprises.

Au terme de cette rencontre, une certitude s’impose : le Togo avance, porté par une volonté politique affirmée et un potentiel économique réel. Mais le chemin vers une stabilité durable et une attractivité renforcée reste semé d’embûches.
Entre espoir et exigence, le pays est désormais face à ses responsabilités. Transformer l’essai ou rester dans l’entre-deux : l’histoire économique du Togo est en train de s’écrire, ici et maintenant.

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