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Togo/ Motocyclistes: décrocher en roulant est une habitude mortelle

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Togo/ Motocyclistes: décrocher en roulant, une habitude mortelle

Il suffit de quelques secondes d’inattention pour qu’un trajet ordinaire vire au drame. Chaque jour, sur les grandes artères comme dans les ruelles de la capitale togolaise, une scène est devenue presque banale : des motocyclistes, notamment des conducteurs de Zémidjan, glissent discrètement leur téléphone portable sous leur casque pour répondre à un appel tout en continuant de rouler.

Le geste paraît anodin. Pourtant, il constitue une véritable bombe à retardement sur la chaussée.

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Concentrés à moitié sur la circulation et à moitié sur leur conversation, ces conducteurs mettent en danger leur propre vie, celle de leurs passagers et celle des autres usagers de la route. Une pratique devenue si fréquente qu’elle semble aujourd’hui normalisée, alors qu’elle représente l’un des comportements les plus imprudents observés dans la circulation urbaine.

Une distraction qui réduit les réflexes

Conduire une moto exige une vigilance permanente. Le motocycliste doit anticiper les mouvements des piétons, surveiller les véhicules qui changent brusquement de direction, éviter les nids-de-poule et adapter sa vitesse aux réalités du trafic.

Lorsqu’un téléphone s’invite dans cette équation, les capacités d’attention diminuent considérablement.

En pleine conversation, le cerveau traite simultanément plusieurs informations. Résultat : le temps de réaction augmente. Une fraction de seconde perdue peut suffire pour ne pas freiner à temps devant un véhicule immobilisé, un enfant traversant la route ou un automobiliste effectuant une manœuvre inattendue.

À Lomé, où la circulation est déjà dense et parfois imprévisible, cette perte de concentration peut avoir des conséquences dramatiques.

Les Zémidjan, premières victimes de cette mauvaise habitude au Togo

Pour de nombreux conducteurs de taxi-moto au Togo, le téléphone est devenu un outil de travail indispensable. Il permet de recevoir les appels des clients, d’échanger avec des proches ou de régler des urgences personnelles.

Mais certains franchissent une ligne rouge en choisissant de répondre immédiatement, sans s’arrêter.

Le téléphone coincé sous le casque, la tête légèrement inclinée pour mieux entendre, ils poursuivent leur course au milieu des embouteillages, souvent avec un passager à bord.

Ce choix expose doublement les Zémidjan. D’abord parce qu’ils passent de longues heures sur la route, augmentant mécaniquement leur risque d’accident. Ensuite parce qu’en cas de collision, leur responsabilité morale et parfois juridique peut être engagée.

Le gain de quelques minutes vaut-il le prix d’une vie ?

Des conséquences qui dépassent le conducteur

Les accidents impliquant des motocyclistes ne touchent pas uniquement ceux qui tiennent le guidon.

Un passager peut subir des blessures graves. Un piéton peut être fauché. Un automobiliste peut tenter une manœuvre d’évitement et provoquer une collision en chaîne.

Derrière chaque accident se cachent des familles endeuillées, des enfants privés d’un parent, des revenus brutalement interrompus et des dépenses médicales parfois insurmontables.

Dans un pays où le Zémidjan constitue un maillon essentiel de la mobilité urbaine et de l’économie informelle, préserver la sécurité des conducteurs revient aussi à protéger des milliers de ménages.

Sensibiliser plutôt que banaliser

Face à cette réalité, la sensibilisation apparaît comme une nécessité urgente au Togo. Les syndicats de conducteurs de taxi-moto, les autorités municipales, les associations de sécurité routière et les médias ont un rôle déterminant à jouer pour rappeler les règles élémentaires de prudence.

Recevoir un appel n’est pas une urgence absolue. Le réflexe le plus sûr reste de se garer dans un endroit sécurisé avant de décrocher. Quelques instants d’arrêt peuvent éviter des années de regrets.

Des campagnes régulières, des séances de sensibilisation dans les gares routières et un renforcement des contrôles pourraient contribuer à freiner cette pratique qui gagne du terrain.

Redonner de la valeur à la vie

La route n’est ni un bureau ni une salle de conversation. À force de répétition, certains comportements dangereux finissent par paraître normaux. Pourtant, aucune habitude ne mérite d’être conservée lorsqu’elle menace des vies humaines.

La capitale togolaise aspire à devenir une ville moderne, dynamique et plus sûre. Cette ambition passe aussi par une prise de conscience collective : conduire exige une attention totale.

Aux motocyclistes, particulièrement aux Zémidjan qui transportent chaque jour des milliers de personnes, un message simple mérite d’être rappelé : un appel peut attendre. Une vie, elle, ne se remplace jamais.

Parce qu’au bout du fil, il y a peut-être une conversation importante. Mais au bout de la route, il y a surtout une famille qui attend un retour sain et sauf.

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