Pendant cinq jours, Lomé ne sera pas seulement la capitale du Togo. Elle deviendra le centre névralgique de l’aviation africaine. Dans un contexte où la connectivité demeure l’un des principaux défis du développement économique du continent, la ville accueille la toute première Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien. Un rendez-vous historique qui pourrait redessiner l’avenir du ciel africain.
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Du 15 au 19 juin 2026, la capitale togolaise accueille la première édition de la Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien, un événement d’envergure continentale qui rassemble plus de 500 acteurs majeurs du secteur aérien autour d’un objectif commun : accélérer la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (SAATM).
Cette rencontre stratégique réunit des représentants de gouvernements africains, des autorités de régulation, des compagnies aériennes, des gestionnaires d’aéroports, des investisseurs, des institutions financières de développement ainsi que plusieurs partenaires internationaux engagés dans la transformation du transport aérien africain.
Un événement historique pour l’intégration du continent
La tenue de cette première convention à Lomé n’est pas anodine. Elle confirme la place grandissante du Togo comme plateforme diplomatique, économique et logistique en Afrique de l’Ouest.
Durant cinq jours, les participants exploreront sept grandes thématiques liées à l’aviation civile et travailleront autour de douze objectifs stratégiques visant à renforcer la compétitivité, la sécurité, la connectivité et la durabilité du secteur aérien africain.
L’ambition est claire : faire du transport aérien un véritable moteur d’intégration économique, de commerce intra-africain et de croissance durable. Le Marché unique du transport aérien africain (SAATM), lancé par l’Union africaine, constitue l’un des projets phares de l’Agenda 2063. Pourtant, malgré les engagements politiques pris par de nombreux États, sa mise en œuvre reste encore incomplète.
Cette convention entend précisément accélérer le passage des intentions aux actions concrètes.
Des personnalités africaines de premier plan à Lomé
L’événement bénéficie de la présence de plusieurs figures influentes des institutions continentales. Parmi les invités de haut niveau figurent notamment : Lerato Dorothy Mataboge, commissaire chargée des infrastructures et de l’énergie à la Commission de l’Union africaine ; Wamkele Mene, secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et Nardos Bekele-Thomas, directrice générale de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD).
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par la présence remarquée du Président de la République du Rwanda, Paul Kagame, dont le pays est souvent cité comme un modèle africain en matière de modernisation du secteur aérien et de connectivité régionale.
Faure Gnassingbé trace la vision d’un ciel africain plus ambitieux
Présidant l’ouverture officielle des travaux, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a livré une intervention à forte portée stratégique. Au cœur de son message, une conviction forte : le transport aérien doit devenir un levier de transformation économique pour l’Afrique. Le dirigeant togolais a partagé quatre grandes orientations qui, selon lui, doivent guider l’avenir de l’aviation africaine.
– Passer des engagements aux réalisations
Pour Faure Gnassingbé, le projet du ciel unique africain ne peut plus rester un simple idéal politique.
Selon lui, le temps est venu de transformer les déclarations d’intention en mécanismes opérationnels capables de faciliter effectivement la circulation des personnes, des biens et des services à travers le continent.
-Rendre le transport aérien accessible à tous
Le Président du Conseil a également insisté sur la nécessité de rendre les voyages aériens plus abordables et plus compétitifs. Aujourd’hui encore, voyager entre deux pays africains demeure souvent plus coûteux et plus complexe que de se rendre sur d’autres continents.
Cette situation constitue un frein majeur à l’intégration économique africaine.
-Faire de l’aviation un outil de développement industriel
Au-delà du transport de passagers, Faure Gnassingbé estime que l’aviation doit être mise au service de la transformation productive du continent.
Le développement des chaînes logistiques, du fret aérien, du commerce intra-africain et des zones industrielles dépend fortement de la qualité des infrastructures de transport.
-Construire une industrie aéronautique africaine solide
Enfin, il a plaidé pour le développement d’une base aéronautique robuste en Afrique, capable de soutenir la formation, la maintenance, l’innovation technologique et la création d’emplois qualifiés. Pour le dirigeant togolais, le continent doit progressivement renforcer son autonomie dans les métiers stratégiques de l’aéronautique.
Lomé confirme son rôle de hub régional
L’organisation de cette convention continentale intervient dans un contexte où le Togo poursuit d’importants investissements dans les infrastructures de transport et de logistique.
Grâce à la modernisation continue de l’aéroport international de Lomé et à la montée en puissance de la compagnie aérienne togolaise, la capitale s’impose progressivement comme l’un des hubs les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.
Accueillir un événement consacré à l’avenir du transport aérien africain constitue ainsi une reconnaissance du rôle stratégique joué par le pays dans les échanges régionaux.
Une rencontre qui pourrait changer le visage de l’aviation africaine
Au-delà des discours et des annonces, les attentes sont immenses. Les participants devront identifier des solutions concrètes pour améliorer la connectivité africaine, réduire les coûts du transport aérien, attirer davantage d’investissements et renforcer la compétitivité du secteur.
À l’heure où la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives commerciales pour le continent, la réussite du transport aérien apparaît comme une condition essentielle de cette intégration économique.
Lomé accueille donc bien plus qu’une simple conférence. La capitale togolaise devient, durant quelques jours, le laboratoire où se dessine l’avenir du ciel africain. Un avenir qui, si les ambitions affichées se traduisent en actions concrètes, pourrait permettre au continent de prendre enfin son envol.







