L’autonomisation économique des femmes ne se décrète pas, elle se construit. Et cette construction passe avant tout par une formation de qualité. Au Togo, le Gouvernement vient de poser un nouveau jalon dans cette ambition en renforçant les compétences de ceux qui seront au cœur de la réussite de centaines de jeunes femmes : les maîtres-artisans. Derrière cette initiative du Projet SWEDD+ se dessine une vision plus large, celle d’un apprentissage moderne, inclusif et capable de transformer durablement des parcours de vie.
Les 3 et 4 août 2026, le Village du Bénin de l’Université de Lomé accueille une importante session de formation destinée aux maîtres-artisans sélectionnés dans le cadre de l’activité « École de la Chance », mise en œuvre par le Gouvernement togolais à travers le Projet SWEDD+ Togo.
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Cette rencontre constitue une étape stratégique avant le démarrage effectif de l’apprentissage des 1 500 premières bénéficiaires du programme pilote, des jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans qui bénéficieront d’une seconde chance pour accéder à une formation professionnelle et à une insertion durable dans le monde du travail.
Des maîtres-artisans au cœur de la réussite du programme
Si les bénéficiaires sont naturellement au centre de l’École de la Chance, leur réussite dépend largement de la qualité de l’encadrement qui leur sera offert.
Conscient de cet enjeu, le Gouvernement togolais entend professionnaliser davantage les pratiques des maîtres-artisans afin d’harmoniser les méthodes d’apprentissage dans les différents ateliers.
Pendant deux jours, les participants recevront des outils techniques et pédagogiques leur permettant d’améliorer leur manière de transmettre les savoir-faire professionnels. L’objectif est de garantir un apprentissage structuré, efficace et conforme aux exigences actuelles du marché de l’emploi.
Au-delà de la maîtrise des métiers, cette formation vise également à renforcer les capacités d’accompagnement humain des artisans qui accueilleront les apprenties.
Une pédagogie adaptée aux réalités des jeunes femmes
L’un des points forts de cette initiative réside dans son approche pédagogique. Les maîtres-artisans seront initiés aux principes de l’andragogie, une méthode d’enseignement spécialement conçue pour les jeunes adultes et les adultes.
Ils apprendront également à organiser un apprentissage structuré ; suivre l’évolution des bénéficiaires ; évaluer les compétences acquises ; favoriser un environnement inclusif ;promouvoir l’excellence professionnelle ; appliquer les principes d’éthique et d’égalité des chances.
Cette démarche permettra d’uniformiser les standards de qualité dans l’ensemble des ateliers partenaires du projet.
L’École de la Chance ne se limite pas à la transmission d’un métier. Le programme accorde une place importante aux compétences humaines et à la protection des bénéficiaires.
Les maîtres-artisans seront ainsi formés à plusieurs modules essentiels, notamment la communication interpersonnelle ; l’écoute active ; la gestion des relations au sein des ateliers ; la prévention des violences basées sur le genre ; les mécanismes d’orientation des victimes ; la prévention de l’exploitation, des abus et du harcèlement sexuels ; les mesures de sauvegarde environnementale et sociale.
L’ambition est de faire de chaque atelier un espace d’apprentissage sécurisé, respectueux et exempt de toute forme de violence ou de discrimination.
En développant ces compétences, les encadreurs seront davantage capables d’identifier les difficultés rencontrées par les apprenties, de les accompagner avec professionnalisme et de favoriser leur épanouissement personnel autant que professionnel.
Une seconde chance pour 1 500 jeunes femmes du Grand Lomé
Cette session de formation prépare le lancement de la phase pilote de l’École de la Chance. Le programme bénéficiera dans un premier temps à 1 500 jeunes femmes et filles issues du District Autonome du Grand Lomé, une zone où la vulnérabilité des jeunes femmes reste particulièrement élevée.
Les bénéficiaires sont âgées de 18 à 24 ans et sont, pour la plupart, sorties précocement du système scolaire ou n’ont jamais eu accès à l’éducation formelle.
L’objectif est de leur offrir un véritable parcours d’insertion comprenant une formation professionnelle, le développement des compétences de vie et un accompagnement vers l’emploi ou l’entrepreneuriat.
Des métiers choisis pour répondre aux besoins du marché
Les filières retenues ne sont pas le fruit du hasard. Elles ont été sélectionnées en fonction de leur potentiel économique, de leur rentabilité et des perspectives d’emploi qu’elles offrent.
Les participantes pourront notamment se former dans les métiers suivants : couture dame africaine ; mercerie ; broderie ; coiffure ; tresses ; fabrication de perruques ; esthétique (make-up) ; pédicure et manucure.
Ces activités répondent à une demande réelle du marché tout en favorisant le développement économique local.
L’École de la Chance ambitionne également de provoquer un changement durable au sein des communautés. En complément de leur apprentissage technique, les jeunes femmes suivront des modules consacrés au leadership féminin ; à l’autonomisation économique ; à l’égalité entre les femmes et les hommes ; au partage des responsabilités familiales et au développement personnel.
L’objectif est de permettre aux bénéficiaires de devenir de véritables actrices du développement de leur communauté et de diffuser autour d’elles des comportements favorables à l’égalité et à l’inclusion.
Le projet SWEDD+ confirme les ambitions du gouvernement togolais
Financé par la Banque mondiale, le Projet SWEDD+ Togo accompagne les priorités nationales en matière d’autonomisation des femmes et des filles.
À travers cette nouvelle étape, le Gouvernement confirme sa volonté d’investir durablement dans le capital humain, convaincu que la croissance économique passe aussi par une meilleure qualification des populations les plus vulnérables.
Le renforcement des compétences des maîtres-artisans traduit une approche pragmatique : améliorer la qualité de l’encadrement aujourd’hui pour offrir demain à des milliers de jeunes femmes les moyens de construire leur avenir avec dignité, autonomie et confiance.
Au-delà des chiffres, l’École de la Chance raconte une histoire de reconstruction. Celle de jeunes femmes qui, après une interruption de leur parcours scolaire ou une absence totale de scolarisation, retrouvent une perspective d’avenir grâce à un apprentissage adapté aux réalités économiques.
En investissant simultanément dans les bénéficiaires et dans la qualité de ceux qui les formeront, le Gouvernement togolais fait le choix d’un modèle où la compétence, l’inclusion et la protection vont de pair.
Si cette phase pilote atteint ses objectifs, elle pourrait devenir une référence nationale et ouvrir la voie à une extension progressive sur l’ensemble du territoire togolais. Ce qui offrira à des milliers d’autres jeunes femmes l’opportunité de transformer leur destin par le travail, le savoir-faire et l’entrepreneuriat.







