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LONATO/ Taxe sur les gains : les parieurs sont partagés

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LONATO/ Taxe sur les gains : les parieurs de Lomé partagés

Dans les kiosques et agences LONATO à Lomé, la nouvelle circule plus vite que les numéros gagnants. Depuis l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2026, de la retenue de 5 % sur les gains LONATO à partir de 500 000 FCFA, les discussions vont bon train. Entre résignation, colère sourde et patriotisme assumé, les parieurs togolais ne parlent pas d’une seule voix.

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Un tour dans plusieurs quartiers dans la capitale suffit pour mesurer l’onde de choc provoquée par cette décision fiscale.

Encore une manie de la LONATO pour soutirer de l’argent

Devant une agence LONATO très fréquentée à Hedzranawoé, Koffi, la trentaine, ticket froissé à la main, ne cache pas son amertume. « On joue déjà avec notre argent, parfois le dernier billet qu’on a. Quand enfin la chance arrive, on vient encore prendre dedans… ce n’est pas juste », lâche-t-il, visiblement agacé.

Pour beaucoup de parieurs, cette taxe est perçue comme une pression supplémentaire sur des citoyens déjà fragilisés économiquement. Certains estiment que le Loto représente un espoir, parfois le seul, dans un contexte de chômage, de précarité et de vie chère.

« Quand on perd, personne ne nous rembourse. Mais quand on gagne, on se souvient de nous », ironise un autre joueur.

Une mesure incomprise par une partie des joueurs

Chez plusieurs parieurs interrogés, une question revient sans cesse : pourquoi taxer le Loto et pas les pertes ? Dans l’imaginaire collectif, le gain n’est pas un revenu classique, mais un coup de chance, parfois rare, parfois unique dans une vie.  Cette incompréhension nourrit un sentiment d’injustice, surtout chez les joueurs occasionnels, qui voient dans cette retenue une pénalisation de l’espoir, plutôt qu’une contribution équitable.

À l’inverse, d’autres parieurs affichent une position plus mesurée, voire résignée. Yao (nom prêté), la cinquantaine, relativise : « Si l’État prend 5 % et que ça sert à construire des routes, des hôpitaux ou des écoles, pourquoi pas ? On gagne quand même le reste. »

Pour ces joueurs, le patriotisme fiscal l’emporte sur la frustration. Ils rappellent que dans d’autres pays, les gains de jeux sont parfois taxés bien au-delà de 5 %.

Certains estiment même que cette décision pourrait assainir le secteur et renforcer la crédibilité des jeux légaux, face aux circuits informels.

Entre résignation et silence prudent

Mais au-delà des prises de position tranchées, une majorité adopte une attitude plus silencieuse. Beaucoup préfèrent ne pas critiquer ouvertement, par crainte ou par lassitude. « On n’a pas le choix. Si tu veux jouer, tu acceptes les règles », résume un jeune étudiant rencontré à Attikoumé.

Cette résignation en dit long sur le rapport des citoyens aux décisions publiques : on subit, on s’adapte, on continue. Au fond, cette taxe sur les gains LONATO agit comme un révélateur. Elle met en lumière les attentes, les frustrations et les contradictions d’une jeunesse et d’une population en quête de solutions rapides.

À Lomé, le Loto n’est pas qu’un jeu. C’est un miroir social. Et désormais, même la chance a un prix.

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