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[Edito] Éperviers : le vrai match ne se joue pas devant les micros

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[Edito] Éperviers : le vrai match ne se joue pas devant les micros
@[Edito] Éperviers : le vrai match ne se joue pas devant les micros

Une altercation en conférence de presse, une polémique qui enfle et un débat sportif relégué au second plan. À l’approche d’une double confrontation face à l’Algérie, le football togolais se retrouve au cœur d’une controverse dont il se serait bien passé.

Il suffit parfois de quelques minutes de tension pour détourner l’attention de l’essentiel. Une question qui dérange, une réaction excessive, des paroles échangées sous le coup de la colère et des images qui font le tour des réseaux sociaux. Soudain, le débat sur l’avenir d’une sélection nationale se résume à un incident.

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L’altercation survenue le 3 novembre entre le sélectionneur des Éperviers, Patrice Neveu, et le journaliste Espoir Gato, lors de la conférence de presse consacrée à la présentation de la liste des joueurs retenus face à l’Algérie, est regrettable.

Le président de la Fédération togolaise de football (FTF), Guy Akpovy, a d’ailleurs présenté ses excuses au nom de l’institution. Un geste d’apaisement nécessaire. Mais une question demeure : allons-nous laisser cet épisode prendre le dessus sur les véritables défis du football togolais ?

Le débat, oui. Les dérapages, non.

Le football se nourrit de passion, de contradictions et de critiques. Les journalistes ont le devoir d’interroger, y compris lorsque leurs questions dérangent. C’est une exigence professionnelle indispensable à la transparence et au débat public.

De son côté, un sélectionneur national doit accepter cette exposition médiatique. Les questions peuvent être insistantes, embarrassantes, parfois maladroites. Mais elles appellent des réponses maîtrisées. La grandeur d’un entraîneur se mesure aussi à sa capacité à garder son sang-froid dans l’adversité.

La presse, elle aussi, doit exercer sa liberté avec responsabilité, rigueur et respect. La critique doit éclairer le débat, non alimenter les tensions.

Il ne s’agit donc ni de désigner un coupable ni d’entretenir une confrontation entre journalistes et encadrement technique. Il s’agit de tirer les leçons d’un incident qui ne devrait jamais occulter l’essentiel.

La CAN 2027, le véritable combat

Car le défi des Éperviers est autrement plus important. Depuis 2017, le Togo n’a plus disputé une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations. Une absence qui pèse lourd sur les ambitions d’une nation passionnée de football.

Le retour sur la scène continentale exige de la discipline, du travail, de la cohésion et une mobilisation collective. La double confrontation face à l’Algérie représente un défi majeur qui mérite toute notre attention.

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Joueurs, sélectionneur, dirigeants, journalistes et supporters ont chacun leur partition à jouer. Les désaccords sont légitimes. Les critiques sont nécessaires. Mais les divisions ne feront jamais gagner un match.

L’union sacrée derrière les Éperviers ne signifie pas renoncer à l’exigence. Elle signifie placer l’intérêt de la sélection nationale au-dessus des querelles.

L’incident doit servir de leçon, non devenir une fracture supplémentaire. L’Algérie arrive. Le défi est immense. Et les Éperviers auront besoin d’un peuple mobilisé derrière eux. Ne nous trompons donc ni d’adversaire ni de combat. Les polémiques ne marquent pas de buts, les divisions ne rapportent aucun point. Le véritable match à gagner, c’est celui du retour du Togo à la CAN.

Charbel SOSSOUVI

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