La corruption à l’école ne sera bientôt plus abordée uniquement à travers les campagnes de sensibilisation. La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) a ouvert ce mardi 25 août 2026 à Lomé, un atelier consacré à la validation d’outils pédagogiques destinés à faire de l’intégrité une valeur enseignée dès le plus jeune âge.
Du préscolaire à l’enseignement secondaire, général et technique, en passant par l’alphabétisation et l’éducation non formelle, le projet ambitionne d’installer progressivement une autre manière de penser : comprendre la corruption, en mesurer les conséquences et surtout apprendre à lui dire non.
Corruption à l’école, une approche sans nouvelle matière
L’idée n’est pas d’ajouter une discipline supplémentaire à des programmes déjà bien remplis. Pour Séna Koffi Agbozoh, Inspecteur général de l’Éducation et doyen de l’IGE, les valeurs liées à l’intégrité seront intégrées dans des matières existantes.
« Comment enseigner une nouvelle matière sans donner de charges à l’enseignant ? », interroge-t-il. La solution retenue est donc une approche dite intégrée ou hybride. « L’enseignant va administrer le même cours, avec le même volume de temps et le même volume de contenu », précise-t-il.
Après un pré-test mené dans quatre établissements, deux à Lomé et deux à Kara, les premiers outils ont été améliorés à partir des difficultés observées sur le terrain. Désormais, 68 outils pédagogiques sont soumis à validation.
Ils concernent notamment l’éducation civique et morale, le français, l’histoire-géographie, la philosophie ou encore le droit. Après cette validation, des formateurs et des enseignants devraient être préparés avant un déploiement progressif dans les établissements retenus.
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Corruption à l’école, le pari de changer les comportements
Pour le président de la HAPLUCIA, Aba Kimelabalo, la lutte contre la corruption ne peut se limiter aux sanctions, aux enquêtes et aux mécanismes de contrôle.
« La prévention doit agir en amont. Elle doit contribuer à former les consciences, à façonner les comportements et à inculquer dès le plus jeune âge le sens du bien commun et de la responsabilité », a-t-il déclaré.
Le président de la HAPLUCIA voit dans la corruption bien plus qu’une simple infraction : « une crise de valeurs, de comportement et de culture ». D’où le rôle central confié à l’école. « L’école n’est pas seulement le lieu où l’on apprend à lire et à compter. L’école est le lieu où l’on apprend à devenir citoyen », a insisté Aba Kimelabalo.
L’ambition, à terme, est donc de faire de l’intégrité une pratique quotidienne. Apprendre à ne pas tricher, à respecter les règles, à privilégier le mérite et à refuser les arrangements contraires à l’intérêt général : autant de réflexes que le Togo entend désormais transmettre dès les bancs de l’école.
Alida AKAKPO







