Le Togo entend renforcer sa capacité à financer son développement en mobilisant davantage ses ressources internes et en associant plus étroitement les entreprises aux politiques publiques. Réunis le mardi 6 octobre 2026 à l’Hôtel 2 Février, à Lomé, les membres du Comité technique de concertation entre l’État et le secteur privé ont placé la mobilisation des recettes, le climat des affaires et les partenariats public-privé au centre de leurs échanges. À cette occasion, le ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola, a réaffirmé l’ambition du gouvernement de porter le taux de pression fiscale de 14,9 % en 2026 à près de 17 % en 2031.

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Cette deuxième réunion de l’année a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, des représentants de l’administration publique ainsi que des responsables d’organisations patronales, dont Laurent Komi Tamegnon, président du Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo), et Charles Gafan, président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET). Les discussions ont également porté sur la formation du capital humain, la conjoncture économique et les moyens de renforcer la coopération entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques.
Le Togo vise près de 17 % de pression fiscale
Au cœur des travaux, la stratégie de mobilisation des ressources à moyen terme a occupé une place importante. Présentée comme un levier de consolidation de l’équilibre macroéconomique, elle prévoit notamment l’élargissement des recettes fiscales et non fiscales, la modernisation des procédures de recouvrement, la digitalisation des démarches et la rationalisation des dépenses fiscales.

L’objectif annoncé est de faire progresser le taux de pression fiscale de 14,9 % en 2026 à près de 17 % en 2031. Le gouvernement ambitionne également de porter les recettes non fiscales à un niveau équivalant à 10 % des recettes fiscales.
Pour Georges Essowè Barcola, l’enjeu consiste à mobiliser davantage de ressources tout en préservant la compétitivité des entreprises, l’acceptabilité sociale des mesures fiscales et la transparence. Dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques, les tensions géopolitiques et la raréfaction des financements concessionnels, le renforcement des ressources nationales apparaît comme un moyen de consolider la capacité du pays à financer ses priorités de développement.
Les participants ont, par ailleurs, examiné plusieurs préoccupations du secteur privé, notamment la mise en place d’organes de recours en matière fiscale et douanière, les tarifs domaniaux au port et les délais de paiement auxquels sont confrontées les entreprises. Ces questions touchent directement à la sécurité juridique, à la trésorerie des opérateurs économiques et à la prévisibilité de leur environnement d’activité.
Partenariats public-privé : un levier pour les infrastructures et la croissance
Autre axe majeur de cette concertation : le développement des partenariats public-privé (PPP). Face aux besoins en infrastructures et aux contraintes budgétaires, ces mécanismes peuvent contribuer à mobiliser des capitaux privés, à accélérer la réalisation de projets structurants et à améliorer la qualité des services.

Le ministre des Finances et du Budget a toutefois insisté sur la nécessité d’une préparation rigoureuse. Les PPP ne constituent ni un financement gratuit ni un moyen de contourner les contraintes budgétaires. Ils engagent les pouvoirs publics sur le long terme et doivent donc faire l’objet d’une sélection objective, d’une évaluation préalable et d’une gestion maîtrisée des risques.
Du côté du patronat, Laurent Komi Tamegnon a plaidé pour une mobilisation des ressources publiques compatible avec la compétitivité des entreprises. Il a également souligné l’intérêt des partenariats public-privé pour répondre aux besoins en infrastructures et en services essentiels.
Au-delà des échanges, cette réunion rappelle l’enjeu central du dialogue entre l’État togolais et le secteur privé : transformer les préoccupations des entreprises en réformes concrètes. La qualité du climat des affaires, la mobilisation des investissements et l’efficacité de la dépense publique dépendront notamment de la capacité des deux parties à traduire leurs engagements en résultats mesurables pour l’économie togolaise.
Charbel SOSSOUVI







