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Traite des personnes au Togo : le projet PROTECT prépare un plan d’action adapté aux réalités nationales

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Traite des personnes au Togo : le projet PROTECT prépare un plan d’action adapté aux réalités nationales

La lutte contre la traite des personnes au Togo passe par une meilleure connaissance du phénomène et une réponse mieux adaptée aux réalités du pays. C’est dans cette perspective qu’Expertise France et l’Agence française de développement (AFD) ont réuni, ce mercredi 30 septembre 2026, à Lomé, les acteurs nationaux et leurs partenaires autour de la restitution et de la validation des études diagnostiques du projet PROTECT « Prévenir la traite des êtres humains par le Renforcement Opérationnel, le Transfert de savoir-faire /compétences, l’Échange entre partenaires et la Coopération Transfrontalière ».

Durant deux jours, les représentants des institutions publiques, de la société civile et des partenaires techniques et financiers sont appelés à examiner les résultats de trois études consacrées au contexte de la traite des personnes, au fonctionnement de la chaîne pénale et à la prise en compte du genre. Au-delà de la validation des rapports, l’enjeu est de définir un plan d’action opérationnel pour renforcer la prévention, la protection des victimes et la coopération entre les différents acteurs.

Des diagnostics pour mieux répondre aux réalités de la traite au Togo

Représentant la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Mme TITIKPINA Abdoulaye Aïssatou, inspectrice des services, a rappelé les efforts entrepris par le Togo sur les plans juridique et institutionnel. Elle a toutefois relevé la persistance de difficultés, notamment face à des réseaux qui se professionnalisent et à des victimes qui demeurent vulnérables.

« Malgré ces avancées, des défis immenses demeurent. Les réseaux se professionnalisent. Les victimes, elles, restent invisibles et vulnérables », a-t-elle déclaré.

Pour la représentante du ministère, la validation des études doit aller au-delà d’un simple exercice technique.

« Nous avons besoin de votre expertise pour que ce projet ne reste pas un document, mais devienne une protection réelle pour nos populations et surtout pour nos femmes et nos filles qui payent le plus lourd prix », a-t-elle insisté.

Cette démarche répond également à une nécessité soulevée par Kandalé KONDOH, président de la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes (CNLTP). Selon lui, la disponibilité de données fiables est indispensable pour mesurer les progrès accomplis et identifier les insuffisances.

« Chaque pays a ses réalités », a-t-il rappelé, soulignant l’importance de construire des interventions en adéquation avec le contexte national.

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PROTECT mise sur la coordination et la durabilité des actions

Financé par l’AFD à hauteur de 8 millions d’euros pour une durée de quatre ans, le projet PROTECT couvre cinq pays prioritaires, dont le Togo, le Bénin, la Guinée, le Nigeria et la Sierra Leone. Il vise notamment à renforcer les capacités institutionnelles, la chaîne pénale, la protection des victimes, la coopération transfrontalière et la production de données de qualité.

Pour Benjamin NEUMANN, directeur de l’AFD au Togo, cet accompagnement doit contribuer à consolider les efforts déjà engagés par le pays.

« L’Agence française de développement a décidé de soutenir notamment le Togo dans la lutte contre la traite des êtres humains, de renforcer le dispositif de la chaîne pénale, de prendre en compte principalement le sujet du genre », a-t-il précisé.

De son côté, Modeste KRA, chef de projet PROTECT, a souligné l’importance de l’adaptation des réponses aux nouvelles formes de traite, notamment celles facilitées par les outils numériques. Il a également insisté sur la nécessité de disposer de systèmes de collecte et d’analyse de données capables d’éclairer les décisions.

À l’issue des travaux, les recommandations des experts et des participants devront permettre d’élaborer un plan d’action réaliste, opérationnel et mesurable. L’objectif est d’inscrire les interventions dans la durée et de renforcer la lutte contre la traite des personnes au Togo.

Alida AKAKPO

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