Le lundi 9 mars, à Pya Hodo, dans la commune de Kozah 2, le Président du Conseil Faure Gnassingbé a assisté à la danse rituelle « Déféyi-Ayaki Hodo », donnant le coup d’envoi officiel de la saison de chasse. Cette danse, identité des cantons de Pya, Tcharè et Kouméa, rassemble les prêtres traditionnels, les chasseurs et les femmes de la communauté.
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La cérémonie marque la période charnière entre la fin des rites funéraires et le début des activités de chasse, avant le retour des pluies. Elle s’inscrit dans un cycle naturel et spirituel ancré dans la culture kabyè, rappelant que la chasse en pays Kabyè est bien plus qu’une activité cynégétique.
Des prêtres, des arcs et des chants pour ouvrir la saison de chasse
Pendant environ une heure, les prêtres traditionnels au torse nu, coiffés de chapeaux, avec des sacs en peaux de bête en bandoulière, l’arc et le carquois de flèches au dos et des couteaux ou massues en main, ont fait trois tours du marché de Pya Hodo. Ils sont ensuite venus exhiber la danse devant le Président du Conseil.
Les chasseurs ont présenté les gibiers tués lors de la chasse de la veille. Ils ont exécuté des chants de louange aux mânes des ancêtres pour la protection et l’abondance des récoltes. Ils ont aussi vanté les mérites et réalisations du Président du Conseil en faveur du développement du Togo. Les femmes, brandissant des bâtons de tige, ont dansé à la suite des hommes, au rythme de ces chants.
La cérémonie est structurée par étapes : la chasse Kpah, Lao Tchodjo, Aguzu, Tchaou, jusqu’à la « chasse Eyadéma » qui clôt la saison dans la préfecture et annonce le début des nouvelles activités champêtres. La chasse en pays Kabyè dure environ un mois, période entre la saison sèche et la saison pluvieuse.
Un rituel de cohésion et de transmission à Kara
La chasse en pays Kabyè est une véritable institution. Elle unit spiritualité, transmission des valeurs et cohésion sociale. À travers leurs chants et leurs pas, les chasseurs rendent hommage aux esprits des ancêtres, protecteurs de la communauté. Ils expriment leur reconnaissance à Dieu et aux mânes des ancêtres pour l’abondance des récoltes.
La danse des chasseurs « Déféyi-Ayaki Hodo » qui signifie littéralement « qui anime le marché de Hodo à notre absence » symbolise le courage, la ténacité et la maîtrise de soi. Ces qualités sont transmises aux jeunes initiés comme aux adultes. La pérennité de cette tradition repose sur la transmission des savoirs : traque, pistage, confection des outils de chasse, respect de la nature.
La présence du chef de l’État à cet événement souligne sa volonté d’inscrire les traditions dans une démarche d’unité nationale. Cette saison reste un pilier de la culture kabyè et du patrimoine togolais.
Plaki SIMLIWA







